Mon projet consiste à tracer des lignes sur une carte routière et à parcourir les routes réelles auxquelles ces lignes réfèrent. Suite à ces parcours, je construit une installation constituée d’éléments trouvés, d’impressions, de souvenirs de parcours.  Cette installation est mon plan personnel, vérifié, expérimenté, tout aussi absurde.

Je n’ai pas pu mener à terme mon exploration vélo du 27 janvier dernier. J’ai roulé dans le froid, la pluie puis la neige et la noirceur sur la haute route enneigée de Badenweiler. J’ai dû revenir le lendemain à Bâle. Pour les semaines froides, je laisserai le vélo au studio et concentrerai mes parcours à une dizaine de km de Bâle.

Le 14 février j’ai enfin entrepris un segment du parcours bleu (nord). Je me suis rendue au point exact où passe l’axe à 8 km au nord de mon atelier. J’ai pris un bus jusqu’à une zone de grandes surfaces en bord d’autoroute, marché environ 1 km, passé un viaduc pour atteindre l’orée du village de Eimeldingen. Mon point de départ: un champs derrière des résidences.  La ville ici semble loin, c’est la campagne, quoique civilisée.  En Europe, il y a toujours de la civilisation à distance de marche.
Des rangées d’arbres bordent des ruisseaux qui délimitent des lots de terres à cultures.  Où je me trouve, les champs, alternent avec les zones résidentielles et commerciales.  On passe de l’une à l’autre en quelques pas.  Ce sentier qui passe derrière les résidence divise, d’un côté les habitations rassemblées, de l’autre des champs enneigés.
Je croise une dame qui promène son chien.  J’hésite déjà à installer un premier ruban bleu, j’attends que la dame soit un peu éloignée.  Ici aussi la sphère publique conventionne: j’interprète que ma présence puisse être singulière à l’observateur local: je ne suis pas en promenade ordinaire, je ne suis pas là pour prendre l’air, je ne suis pas chez moi, je ne promène pas mon chien et je ne fait pas de jogging. Je suis ici pour observer, explorer, pour prélever et peut-être aussi m’approprier quelque chose puisque je laisserai une trace avec mes rubans bleus.  Les chiens s’approprient les lieux en urinant.  Contrairement au tag, j’admets que ma trace disparaisse, elle est facile à retirer et n’est pas permanente.  J’essaie quand même d’être un peu discrète en installant mon ruban pour ne pas trop y attirer l’attention. J’ai l’air hésitante, indécise, suspecte.
Avec cette mission, mes sens sont aussi plus éveillés, tout est plus intéressant.  Je devrai marcher 11km de sentiers, de trottoirs et détours imposées par le tracé des routes et pourtant j’avance tellement vite.  Un parcours similaire il y a deux semaines fut tellement long lorsque je subissais le froid et la seule envie d’arriver chez moi.
Sur une carte, ma route est dessinée sur un axe nord précis et ici sur les lieux, je découvre à quoi riment ces lignes et formes sur du papier, et que là où je marche n’a rien à voir avec ma cartographie.  Il est absurde de parler d’erreurs d’indications, d’interprétation, puisqu’il n’y a pas de dimension à vérifier sur mon plan. Je peux appliquer cette carte à n’importe quel lieu puisqu’elle n’est qu’une partition en symbole. Autrement dit, si je change d’instrument, c’est à dire d’emplacement pour cet exercice, cela peut encore fonctionner. Tout de même parce que j’ ai accepté la conventionne de cette carte, elle m’a permis de trouver cet endroit.  Je dois absolument – aveuglément, avoir la foi de – croire qu’elle m’a mené à exactement 8 km en direction nord, en latitude et longitude, de mon point de départ qui est mon studio de travail à Bâle.  C’est avec ces conventions que je pourrai et devrai réaliser mon projet.
J’ai installé le premier ruban, le 60ième, et j’avance selon mon plan.  Je passe par la zone résidentielle de l’Haltinger Weg.  Je suis déjà repérée.  Une petite fille me crie quelque chose que je ne comprend pas par la porte entrouverte puis referme en rigolant. Ici les maisons sont jolies avec cette neige, les gens conservent du bois pour le foyer. Quelques pas plus loin, c’est la circulation automobile.  Les voitures encerclent un autel des Grands Canards d’Aluminium.  L’horizon s’arrête aux premières collines de la Forêt Noire toute proche.
Im Rebacker Weg longe une zone commerciale: surfaces Hornbach, Aldi..  Derrière un hôtel en bordure de l’autoroute, une installation de jeu en bois, désaffecté: plateformes, filet, poutres.  Mon chemin s’avance ensuite dans un champ.
Ce papier absurde qui me guide est rassurant. Il me donne simplement une raison d’aller plus avant et la possibilité de revenir sur mes pas.
Une chose qui m’a bien servi en voyageant à vélo: un repère qui ne trompe jamais est la voie ferrée.  Les routes sont multiples, similaires, et plusieurs peuvent mener à bon port par toutes sortes de circonvolutions.  La voie ferrée est la seule qui soit directe.  La route s’y conformera.  Ici, je longe la voie ferrée, celle qui de Bâle relie au nord les villes allemandes du Haut Rhin.  Tout mon itinéraire suit cette voie.  Elle est ici ma compagne de route et mon amie. Je la traverse à quelques reprises.  Elle marque un changement de zone.  D’un côté il y a les champs, de l’autre des résidences ou alors une zone industrielle et de l’autre, un quartier achalandé de commerces et de gens.  Comme si elle avait été là avant tous les autres.

Bromenackerweg contourne un quartier résidentiel.  Encore ici, un sentier borde la périphérie de résidences regroupées entre elles.  De l’autre côté sont les champs, des arbres rangés. Campagne domptée.
Je cherche où légitimement installer mon ruban bleu. Je préfère les endroits visibles mais que l’on oublieraient. Près d’une école n’est pas une bonne idée, ou peut-être que oui. Auparavant, j’étais dans les champs, ici je croise plusieurs personnes, il y a de l’activité: des vélos, des enfants, des gens se déplacent. Mais déjà à droite sur Heldelinger Strasse, je sors de l’activité.  J’installe le ruban 51 à un arbre, et je prends le champ..  Déjà 10 rubans derrière moi.  Je n’arrive pas à calculer ma distance, je calcule en nombre de rubans.  Les flocons sont suspendus, la neige couvre le champ et le sentier.  Beaucoup de gens ont déjà laissé leurs traces.  Je croise un monsieur qui me reluque, je dois avoir une drôle de tronche. Tout m’est objet de curiosité, j’ai l’air un peu extraterrestre.  C’est que je le suis, personne ne le sais. Je viens d’ailleurs, je comprends à peine le dialecte, ma mission est martienne parmi les terrestres.

Je croise trois personnes sur une dizaine de rubans. Au bout du champ, un escalier descend jusque’à une route. J’attache le ruban 48 au dessus d’un ruisseau.  Sur Rebgartenweg, j’arrive à l’atelier Harley Davidson. «Work in Progress» en façade, mais oui, parfaitement.  Je ramasse un vieux CD de Noël, une canette de bière aplatie.
À gauche sur Lustgartenstrasse.  Je passe sous un viaduc, hésite à obliquer sur un sentier qui me ramène là où j’escompte, rue Lustengarten.  Je cueille des ballons séchés à une grille et attache un ruban. Devant, des rangées de camions de transport de marchandises sont arrêtés à un poste de contrôle.  Nous sommes à un ou deux kilomètres d’une des douanes nombreuses dans ce secteur. J’ai de la difficulté à dénicher la petite rue Weid.  Je marche dans les buissons.  J’arrive tel qu’indiqué à un escalier pour rejoindre le pont de la liberté: Friedensbrücke, ruban 40. Je repasse au dessus de ma voie ferrée et suis toujours en Allemagne. J’étais libre, je le suis encore. Je redeviens terrienne: je vais à la banque, je fais des courses au magasin Alnatura, je me réchauffe.  Et il fait encore jour lorsque je sort du magasin bio.
Je reprends mes outils: appareil photo, marqueur, rubans bleus, brocheuse, carte.  Je me bat avec mon sac en bandoulière. La prochaine fois, j’aurai un tablier où chacun de ces outil aura une place à portée de main.

Je contourne le centre d’achat et prends la Basler Strasse, la route qui m’a emmenée en autobus jusqu’à 1km de mon point de départ. Le jour est plus sombre. J’installe 7 rubans avant la Suisse. De ce côté-ci, nous sommes à Weil am Rhein. En voici le symbole. Elle est jointe à St-Louis en France et à Bâle en Suisse, et qui fait partie du coin de trois pays Dreiländereck. C’est aussi dans ici que se trouve le musée de design Vitra.  Le long se trouvent de grandes et petites sculptures..

Voir les danseuses juste avant la Suisse n’est pas un spectacle culturel, mais universel. Au poste de Lacolle au Québec ce serait le même. À côté, un resto chinois. J’installe le ruban 33 et me dirige vers la Suisse.  Les douaniers sont occupés avec les automobilistes. Ma tâche n’est pas entravée, j’observe tout et collecte, photographie, m’attarde. Ici, on ne me voit plus.

Bâle est une ville de fontaine, c’est ce que Ruth m’a dit à mon arrivée.  Déjà en voilà une.  Elles ont toujours un attrait.  D’ailleurs pourquoi installer une fontaine ordinaire ou laide?
J’installe mon premier ruban bleu en Suisse, ruban 32.  J’en suis en principe à la moitié de ma route mais dans les faits, j’ai marché les deux tiers de mon parcours. J’aurais pu installer plus de rubans.  J’ai calculé 60 rubans jusqu’à mon arrivée au pivot, à l’atelier.

Maintenant, j’arrive véritablement à Bâle.  Les piliers se croisent au dessus de ma tête, les bernard-l’ermite reviennent chez eux. Les routes sont trop enchevêtrées serré pour laisser place à quoi que ce soit d’humain même si tout cela est issus de l’humanité.  Il est 5hpm.  Il y a un regain de luminosité.  Sous les viaducs se croisent les autoroutes souterraines, les sentiers, les pistes cyclables et la voie ferrée toujours là passe maintenant au-dessus de moi.  Nous nous sommes enlacées sur 9 km. Je passe le Wiesendamm, (le canal de Wiesen) et suis la piste cyclable.  La sculpture d’acier fait l’éloge de batifolages de voie ferrée. J’avance dans un désert de béton consacré au transport, aux entrepôts, aux graffitis.  Un îlot de vie s’est installé dans ce désert, un refuge.  Mais le cirque a laissé en place ses affaires pour aller vaquer à des obligations.  Il neige doucement.  En temps et lieu, des boites de nuit érigent ici leur pignon sur rue..

Au bout de cette Erlenmattstrasse, Bâle commence pour de vrai: rues, trams, cafés, restaurants, gens, trottoirs.  Au coin de Mattenstrasse, il fait noir définitivement.  J’avance sur Peter Rot Strasse, installe le ruban 20 sur un banc dans un parc.  Il me reste quelques mètres et j’ai le tiers de mes rubans encore en main. Ma route approche du Rhin, je ne sais pas si je pourrai traverser le fleuve à ce moment de l’année et à cette heure.  Au ruban 17, des jeunes garçons marchent vers moi et hésitent à ma hauteur, ils dissimulent quelque chose.  Ils portent des bouquets: C’EST LA SAINT-VALENTIN! Aujourd’hui je n’ai pas pensé à ça.  On en parle en Suisse comme au Québec pourtant.  Les garçons derrière moi reviennent en courant, les mains vides, ils ont déposé leur surprise.  À qui? La petite amie? La maman? La Grand-Maman?  Certainement pas l’institutrice..

Je marche sur Allemanengasse.  Les jolies maisons à l’approche du Rhin contrastent avec le béton en bordure de ville. Au 15ième ruban, je suis au quai du bateau-traversier.  Il ne traversera pas ce soir.  Seulement les samedis-dimanches et belles journées, avant 5h de janvier à mars. Je devrai reprendre le parcours ici pour le poursuivre jusqu’à l’atelier.

Reprise le 16 février
Le soleil apparaît.  Il ne fait pas trop froid.  Je me demande si le bac passe et décide d’aller voir si je traverserai aujourd’hui.  Je dois me rendre sur la rive apposée, reprendre là où deux soirs plus tôt, je n’ai pas pu passer.

Le bac passe! Je courre un peu et prépare mon 14ième ruban.  J’espère le laisser au passeur, lui expliquer mon projet, le convaincre de garder mon ruban sur son bateau.  Mon 15ième ruban a disparu.  J’en mets un nouveau.  Sur le bac, le passeur comprend mes explications et accepte de garder mon petit ruban bleu avec le logo jaune et le numéro 14 (j’ai prévu ne pas tomber ici sur le 13).  Il le gardera tant que possible.  Merci monsieur le passeur!

De l’autre côté, je suis à 100 mètres de chez moi.  13 rubans.  Je connais le coin, les rubans seront ici vites repérés.  Les murs sont proprets, le joli quartier des musées ne laisse rien en friches. Mes rubans ne feront pas vieux vinyle ici, avec chance au plus trois jours. J’arrive au pivot, il me reste 5 rubans.  Ils sont installés à la porte. Un concentré de traces.  Le ruban 1 est chez moi.

nord | Norden

impression logo

Samedi, j’entreprendrai le premier des parcours du projet bâle-stellar-basel sur l’itinéraire bleu (nord) prévu dont le point de départ se trouve à Witternheim en France, situé à environ 85km de Bâle à vol d’oiseau.

Je me rends demain en vélo à Freiburg.  De là, je roulerai vers Witternheim pour rejoindre mon point de départ samedi. Au retour, j’aurai roulé à peu près 250km, en tentant de garder ma route, orientée sur un rayon nord-sud.

Sur le chemin, seront accrochés à intervalles ces rubans bleus, identifiés au logo du projet.

Cette mission, me servira à collecter des impressions, des expériences, des éléments, des repères.  Cette dérive dans un espace sélectionné géométriquement sur une carte, servira de ressource à une reconstitution dans un espace transposé, celui du lieu que j’occupe pendant mon séjour à Bâle, un pivot de projet.

Six de ces parcours, dérives sont prévues pour ce projet.

Départ.

départ de Witternheim Fr.


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Aujourd’hui a eu lieu la collecte des pochettes.                                   – Deutsch folgt -

À 8:00 am, accompagnée de Maurice, j’ai repris la même route de la semaine dernière.  Ce fut vite fait, parce que le chemin est court lorsque la surprise est devant.

collier

collier | Halskette

J’ai trouvé, sans pochette et sans mot explicatif, posé sur le rebord d’une fenêtre, ce qui semble être un collier ou un bijou artisanal.  Je crois que quelqu’un l’a laissé là pour moi et pour cette raison je l’ai pris.

déposé à la porte de l'atelier

Plus tôt cette semaine, quelqu’un a déposé un artefact à la porte de mon atelier:

Avec, se trouvait un mot qui ne décrivait pas l’objet, mais plutôt présentait le propriétaire de l’objet.  Un artiste.  Cela m’a fait très plaisir.  Cela sera au pivot des parcours et fait déjà partie de l’histoire.

Sinon aujourd’hui jour de collecte,  je n’ai récupéré aucune des pochettes distribuées la semaine dernière. Mais à la place, avaient poussé des sacs bleus, nommés des «Bebbi Sagg», sacs-poubelles taxés que l’on paie 2,30 francs suisses ($2.60) à Bâle, pour être collectés par la ville. Imaginez cette façon de faire à Montréal…

aktuell im ok: | espace dock:

Plus tard en après-midi du côté de Kleinbasel, je suis allée visiter dock: centre d’artiste.  En ce moment: Achetons Poils Pubiens ..  Miatta, Maurice, Janne et Maria, résidents-artistes iaab, y feront partie d’une expo-vitrine.   dock-basel.ch

À l’espace d’exposition Klingental, a lieu l’expo de groupe:  Back & Forth: To & Fro
Aller-retour, va-et-vient, d’avant-après. L’exposition suscite les sens de la vue et de l’ouïe, et convie à cinq perceptions différentes au moyen d’installations, d’œuvres multimédias et film.  Cinq artistes proposent à partir d’unité: bande de couleur, séquence acoustique, geste graphique ou projection; des répétitions, des variations, des expansions…    ausstellungsraum.ch

Heute war die Sammlung der Tüten. In Begleitung von meinem Kollegen Maurice bin ich ab 8.00 Uhr die Strecke von letzter Woche nochmals abgegangen. Die Zeit ist schnell vergangen, da der Weg durch die bevorstehende Überraschung kurz erscheint.

Ohne Tüte und ohne weitere Anweisungen habe ich auf einer Fensterbank etwas gefunden, das einer Halskette oder einem handgemachten Schmuck ähnelt. Ich glaube jemand hat es für mich dort hingelegt und deshalb habe ich es genommen. (photo 1)

Aber ich habe keine der Tüten wieder gefunden. Stattdessen gab man den blauen Tüten Vorrang, die auch “Bebbi Sagg” genannt werden. Das sind besteuerte Tüten, die in Basel 2,30 Schweizer Franken (2,60 $) kosten und von der Stadt abgeholt werden. Stellen Sie sich das mal in Montreal vor…

Diese Woche hat jemand dieses Artefakt an meine Tür gestellt:
Mit dabei war die Information, die zwar nicht das Objekt beschrieb, dafür aber seinen Besitzer. Ein Künstler. Das hat mich sehr gefreut. Das ist im Mittelpunkt des Projektverlaufs und ist bereits Teil der Geschichte.

Später am Nachmittag war ich in der Nähe von Kleinbasel im dock:, ein Zentrum für Künstler aus Basel. Miatta, Maurice, Janne und Maria werden dort an einer Vitrinenausstellung teilnehmen.  dock-basel.ch

Am Ausstellungsraum Klingental ist der Gruppenausstellung: Back & Forth: To & Fro Hin- und Rückfahrt, vor, zurück, danach. Die Ausstellung reizt den Seh- und Hörsinn, und richtet sich an fünf verschiedene Wahrnehmungen durch die Mittel Zeichnung, Malerei, Installation, Projektion und Film. Ich blieb eine lange Zeit vor den täglichen Zeichnungen des Künstlerins Esther Ernst, hunderte von Zeichenungen dass sie in mehreren Jahren durchgeführt.  ausstellungsraum.ch

 Deutsch folgt 

Ce matin, je distribue des pochettes dans les boites aux lettres de mon quartier à Sankt. Alban-Tal.

Ici à Bâle, dans la période des fêtes, des organismes de bienfaisance organisent des collectes de vêtements et de chaussures pour venir en aide aux moins nantis. Les gens reçoivent par la poste des sacs plastiques identifiés au nom de l’organisme, peuvent y mettent des articles dont ils n’ont plus besoin et les déposent à la rue selon la journée et l’heure de la cueillette, précisées sur le sac de même que les spécifications quant au type, la dimension et la condition des articles sollicités, le nom de l’organisateur, adresse, numéro de tél. et le logo de l’organisme.

J’en ai reçu plusieurs d’assez grandes dimensions par la poste:

Sac de collecte vêtements et chaussures

Sacs distribués par la poste 88 x 55 cm

Organisateur de la collecte

Organisateur de la collecte

Infos: quoi mettre et ne pas mettre dans le sac

Infos: quoi mettre et ne pas mettre dans le sac

J’ai décidé de créer ma propre collecte au moyen de petits sacs miniatures, des pochettes plastiques, en utilisant le modèle de rédaction de ces organismes, et de les distribuer dans les boites aux lettres des résidents du quartier:

«Prendre le temps de participer à une œuvre! Collection de petits objets»
Je me présente, fait une courte description de mon travail et sollicite une petite donation, un petit objet, dont la condition est de convenir à la dimension du sac. Je demande aux gens de me donner un petit objet, quel qu’il soit, qui ait une signification particulière pour eux mais dont ils sont prêts à de départir pour que l’objet ait une autre vie. S’ils le désirent, ils peuvent glisser une petite explication dans l’enveloppe avec l’objet dans le sac.

pochette de plastique

pochette / Tüte 13,5 x 11 cm

lettre d'information et pochette de cueillette

lettre d'information et pochette de cueillette / Info briefe und Tüte

Pour accompagner le texte en allemand, un logo crée pour le projet est imprimé sur la pochette plastique qui mesure 13,5 x 11 cm:

pochette de cueillette et logo Basel | Stellar

Tüte / pochette de cueillette + logo Basel | Stellar

logo tamponné sur la pochette

logo tamponné sur la pochette

Ce matin, il fait très froid à Bâle mais le soleil est là.  Maurice, d’Afrique du Sud, mon voisin artiste,  m’accompagne sur la route.  Nous avons tout aussi froid l’un que l’autre.  Les photos suivantes sont de ses courses, sa présence.

AVIS: La cueillette est prévue mardi le 24 janvier 2012 à 8.00 am sur la rue Sankt. Alban – Tal, quelle que soit la température - tel que stipulé sur le modèle type des sacs.

Logo Basel Stellar

tampons logo

tampons logo

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Hier in Basel, am ende des Jahre, organisieren Schweizer Hilfswerke Kollekten von Kleidung und von Schuhen, zur Finanzierung ihrer karitativen Hilfsprojekte. Die Leute bekommen mit der Post Plastiksäcke in Namen des Organisationen, und können dorthin Artikel die sie nicht mehr brauchen legen, und sie nach dem angekündigten Tag und Stunde in der Straße stellen. Lastkraftwagen gehen an die angegebene Stunde sie wiederzubekommen. Die Spezifikationen bezüglich des Typs, der Dimensionen und der Bedingungen für die ersuchten Artikel, den Namen, Adresse, Telefonnummer und Firmenzeichen des Organisationen, Datum und Stunde von Sammlung, sind auf der Sack gedruckt. Ich habe viele dieser Säcke mit der Post bekommen.

Dann habe ich beschlossen, meine eigene Sammlung mit Hilfe kleiner Tüte, tatsächlich mini Plastiktaschen zu schaffen, und das Hilfswerke Redaktionsmodell zu benutzen.

“Sich Zeit nehmen für die Teilnahme an Kunst ! Sammlung Kleiner Objekte “
Ich stelle mich vor, mache eine kurze Beschreibung meiner Arbeit und frage nach eine kleine Schenkung, einen kleinen Gegenstand, in dem die Bedingung darin besteht, zur Dimension der Tüten zu passen. Ich frage Leute, um mir ein Objekt jeder Art, die eine besondere Bedeutung für sie hat zu geben, aber sie sind bereit, das Objekt um ein anderes Leben zu verfügen. Wenn sie es wünschen, können sie eine kleine Erklärung in den Umschlag mit dem Objekt gleiten.
Zur Begleitung der deutsche Text ist ein Logo für das Projekt erstellt auf der Plastiktüte (13,5 x 11 cm) gedruckt.

An diesem Morgen ist es sehr kalt in Basel, aber die Sonne ist da. Mein Nachbar Maurice, Künstler aus Südafrika, begleitet mich auf dem Weg. Die folgenden Fotos sind seiner Läufe, seiner Anwesenheit.

Die Sammlung ist voraussichtlich am Dienstag, 24 Januar 2012 um 8.00 Uhr, bei jeder Witterung - genauer wie dem Modelltyp angegeben.

Distribution des pochettes dans les boîtes aux lettres

Distribution des pochettes, boîtes aux lettres Basel.

Depuis mon arrivée, je marche dans les rues de la ville. Pour l’instant, le vélo reste dans son coin. J’essaie de concevoir le pivot d’une installation qui constituera une convergence de parcours.

Une figure que je retrouve un peu partout à divers endroits de la ville, à l’entrée d’un pont, en enseigne d’agence de voyage, crachant l’eau des fontaines ou décorant une frise de fenêtre est le «basilic», une créature à la tête de coq couronnée, au corps de serpent et avec des ailes de dragon.

J’ai cherché:

E.V.Walter
-Nature on trial: The case of the rooster that laid an egg
In 1474 a chicken passing for a rooster laid an egg, and was prosecuted by law in the city of Basel.  Now, we are inclined to dismiss the event as fowl play, but in those days lusts nature was no joke.  The animal was sentenced in a solemn judicial proceeding and condemned to be burned alive «for the heinous and unnatural crime of laying an egg.»  The execution took place « with a great solemnity as would have been observed in consigning a heretic to the flames, and was witnessed by an immense crown of townsmen and peasants» (Evans [1906], p. 162: Needham [1969a], p. 574).  The same kind of prosecution took place in Switzerland again later in 1730.
In the case of the rooster of Basel, the executioner found three more eggs in him, according to a chronicle of the city.  The historian, E.P. Evans, reporting the case, refused to believe that part of the chronicle, declaring it absurd, and regarding the event «not [as] a freak of nature, but [as] the freak of an excited imagination tainted with superstition» (Evans 1906, p. 162) Evans knew that eggs presumed to come out of roosters caused panic because people used to believe that cocks’ eggs were used in witchcraft.  Moreover, the same egg, according to an ancient folks belief, might produce a dreaded monster known as the basilisk or cockatrice – a malignant, winged reptile with the head of a cock and the tail of a serpent which destroyed men touched by its breath and its glance (Robin [1932], pp. 84-95].
Methodology, metaphysics, and the history of science: in memory of Benjamin Nelson. Robert Sonné Cohen, Marx W. Wartofsky. Reidel Publishing Company, Dordrecht, Holland 1984.

Bâle vient de « Basileus », qui signifie «roi» ou «souverain» en grec. La ville s’appellerait donc « la souveraine ». La parenté linguistique avec le basilic est manifeste (Basel en anglais et allemand). A Bâle, cette créature très populaire au Moyen Âge est depuis longtemps représentée portant les armes de la ville. Le « roi des serpents » était représenté avec une tête de coq couronnée et le corps d’un serpent. On le retrouve dans plusieurs régions d’Europe. À Bâle, il apparaît tenant les armoiries à partir de 1448. Diverses légendes racontent son avènement: un marchand ambulant aurait exhibé un basilic empaillé pendant le Concile de Bâle (1431-1449), une autre rapporte qu’un basilic vivait depuis des temps immémoriaux dans une caverne et que la fontaine des tanneurs a ensuite été érigée au-dessus de celle-ci, tel que renseigne l’inscription de la fontaine du Gerberberglein.

Dans le studio, j’ai vu ce livre sur Bâle qui date de 1957…

Un emblème bâlois: la fontaine au basilic. La première, en pierre, se trouve dans l’Augustinergasse. Un basilic magnifiquement ouvragé datant de 1530 y tient les armoiries de Bâle.  La fontaine au basilic que l’on voit en maints endroits dans la ville date de 1884. Conçue par l’architecte et dessinateur Wilhelm Bubeck (1850 – 1890), elle a été fondue en 50 exemplaires. L’eau qui jaillit de la gueule d’un dragon et se déverse dans un bassin rond est potable et un abreuvoir destiné aux animaux de compagnie est situé au pied du bassin. Il existe encore 28 de ces fontaines publiques à Bâle et on en compte quelques autres sur des propriétés privées.

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Pour revenir à mon pivot, j’ai trouvé du bois et de la vaisselle jetée à la poubelle par mon voisin céramiste. J’ai aussi vidé la boite aux lettres et y ai trouvé une piste.  Détails à venir dans un prochain post.

J’ai quitté Montréal le 2 janvier.  J’ai volé vers Philadelphia, puis Frankfurt, et suis arrivée à Bâle hier le 3.  Ruth Walter qui est coordonnatrice des artistes et administratrice des studios de résidence m’attendais à l’aéroport.  J’aime être attendue à l’arrivée, cela m’arrive rarement.  On ne m’attend plus aux aéroports, je pars trop souvent.
J’ai changé du studio prévu, du 02 je serai au 03.  Le lieu où je vivrai et travaillerai pour les six prochains mois est spacieux, la lumière change selon les heures.  Devant le studio se trouve un gros arbre bâti, Ruth me précise un ginkgo.  Sur la façade du studio, il y a une œuvre laissée par un artiste, une horloge digitale qui présente les fuseaux horaires des pays des artistes alors présents en résidence mais qui nécessiterait la présence de son auteur pour être remise d’aplomb.

Aujourd’hui le 4 janvier, Maurice est arrivé d’Afrique du Sud, il sera mon voisin de pallier jusqu’à avril.  Nous avons retrouvé Ruth et Miatta une artiste de New York, pour régler les formalité d’inscription à la ville de Bâle.  Nous avons traversé le centre de la vieille ville où nous habitons.  Demain, je repasse à l’hôtel de ville voir l’arbre de Noël et l’horloge.
Ville d’art et de musées, du chocolat et des fontaines d’eau à boire, voici le début d’un temps dans cette petite ville qui sera le point d’ancrage de mon projet.

Studio

studio de travail

Ginkgo

le ginkgo devant la fenêtre